Haren, l'aéroport historique de Bruxelles

La commune
de Haren a abrité pendant plus de 30 ans l'aéroport de Bruxelles
et a vu les tout début de l'aviation belge et de la SABENA.
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Cartes
de Daniel Brackx
On
l'appelait l'aéroport d'Evere certainement car c'était
le dernier village que l'on traversait pour y arriver en venant
de Bruxelles |
De
nombreuses rue en évoquent encore le souvenir : la rue du Biplan,
de l'Aérodrome, de la Fusée, de l'Aéronef.
C'est
en automne 1914 que les Allemands choisissent le site de Haren pour héberger
leurs dirigeables afin de bombarder Paris. En 1915, ils y construisent
un immense hangar. Le 7 juin les Britanniques le bombardent et y détruisent
le zeppelin LZ-38. Les Allemands retirent leurs dirigeables pour les déployer
sur le front de l'est.
Après
la guerre, il ne restera qu'un hangar réparé débordant
d'avions confisqués aux Allemands.
Ce matériel contribuera largement au démarage de l'aviation
civile et militaire belge.
Photo de la collection de Daniel Brackx
En
1919 la SNETA (Syndicat National pour l'Etude du Transport Aérien)
organise son premier vol d'essas avec 2 passagers en bombardier allemand
reconverti sur le trajet Londres - Paris - Bruxelles en 7 heures et demi.
Le prix du billet Paris - Bruxelles coûtait 250 fr de l'époque
alors qu'un bon restaurant coûtait 5 fr.
En
1920, création par G. Nelis (créateur des aviations belge
militaire, marchande et coloniale) de la SABCA (Société
Nationale Belge de Construction Aéronautique). Des hangars à
avions sont encore visibles au 1470 de la ch de Haecht. Des hangars à
avions plus anciens sont à l'arrière mais non visibles du
public.
En
1923, la SABENA reprend le travail de SNETA mais uniquement pour l'aviation
civile. Le hangar de la SABENA était en bois. Pour rejoindre l'aéroport,
les passagers doivent faire le kilomètre qui le sépare du
terminus du tram à pied ou à vélo.
On y annonçait les embarquements avec une cloche et le dépôt
de fret avait une superficie de 5m².
En
1924, on y construit un deuxième bâtiment et en 1928 un troisième
qui est appelé l'Avia Palace.

Photo de Jean-Pierre Lauwers
Inauguration
de l'aérogare le 29-09-1929
En
1930 l'aéroport est toujours une immense pleine herbeuse avec,
au centre un cercle tracé à la chaux, en son milieu un dispositif
émettant de la fumée pour indiquer aux pilotes la direction
du vent. Pour faciliter les vols de nuit, des balises lumineuses sont
allumées tous les 30 à 40 km. Il y en avait ainsi entre
Paris, Bruxelles, Cologne et Londres.


Après
la guerre, la piste de Haren devient trop courte pour les avions modernes.
Le ministère
de la défense autorise le décollage des DC-4 de l'aéroport
de Melsbroek. Après avoir embarqué leurs passagers au terminal
de Haren, les avions empruntent la voie publique pour rejoindre l'aéroport
de Melsbroek. On voit alors dans les rues, un spectacle peu commun. Les
avions avaient priorité sur les autres véhicules. Le code
de la route adopte même des nouveaux panneaux "DANGER AVIONS
- GEVAAR VLIEGTUIGEN". Des signaleurs et des militaires se chargent
de libérer la route devant eux.
Les
activités civiles se déplacent progressivement vers Melsbroek.
En 1949, les dernières compagnies quittent Haren.
Actuellement,
il reste encore les bâtiments de l'aérogare avec le hall
et les guichets. Ils ne sont pas visibles du public.
La
Belgique est un des seuls pays qui peut se vanter de posséder encore
les aérogares qui ont vu la naissance de son aviation civile. Certains
ont voulu en faire un musée de l'aviation civile. Mais que du contraire.
Les autorités ont cédé les terrains à l'OTAN
pour y construire son nouveau siège. Ces bâtiments
seront donc détruits. On aurait pu accepter ainsi le Concorde
que le musée de l'air a refusé par manque de place.
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Références :
Les
photos proviennent du site de la Belgian Aviation History Association
Bibliographie :
- Le Soir ; La collection des villages de Bruxelles
- SABENA Air Nostalgie des éditions Labor
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